Grâce aux travaux des historiens, les Gaulois accèdent à une immense popularité vers le milieu du XIXe siècle, tandis que s’impose la nouvelle figure héroïque de Vercingétorix.

Les Gaulois à la mode

Ce sont « nos ancêtres les Gaulois » qui ont peuplé à l’origine l’Europe, « et leur esprit est toujours en nous », écrit ainsi Henri Martin. Dans son Histoire des Gaulois, l’historien Amédée Thierry fait du jeune chef gaulois rebellé contre César un combattant de la liberté, premier des grands hommes, en somme, de la nation française.

La naissance de l'archéologie gauloise...

Mais les Gaulois restent introuvables ; ils ne sont que les héros disparus d’une histoire évanouie, dont il ne reste aucune trace tangible – si ce n’est leurs monnaies, dont l’étude est désormais en plein développement. Ce sont les recherches archéologiques de la Commission de  Topographie des Gaules, menées en particulier à Alésia, qui vont révéler, au cours des années 1860, l’armement des Gaulois. Dans le même temps, les fouilles conduites par Alexandre Bertrand à Saint-Etienne-au-Temple (Marne) mettent au jour les premières sépultures gauloises.

...et son détournement

Les Gaulois sortent enfin de l’ombre ; mais c’est pour être jetés dans une nouvelle guerre, à mesure que croît l’affrontement franco-allemand qui va déboucher sur la Première Guerre mondiale. Dans sa monumentale Histoire de la Gaule, l’historien Camille Jullian fait ainsi des Gaulois les premiers patriotes, défenseurs de l’indépendance de la Gaule, et de Vercingétorix, le grand unificateur de la nation gauloise.