L'importance et la portée des travaux de la Commission de Topographie des Gaules (CTG) ont souffert de nombreuses critiques après sa disparition en 1879. Un article de Salomon Reinach paru dans la Revue archéologique en 1915 a particulièrement contribué à forger l'idée d'un échec, qualifiant la Carte des Gaules d'« oeuvre administrative ».

Un article à replacer dans son contexte

En janvier 1915, Salomon Reinach est chargé de superviser l'achèvement de la publication du Dictionnaire archéologique de la Gaule, initié par la CTG et continué par Émile Cartailhac. Il se retrouve très vite en conflit avec l'Imprimerie nationale. Les cuivres et les planches à paraître ont été perdus. L'imprimerie soutient que ces éléments se trouvent au musée des Antiquités nationales. Salomon Reinach, directeur du musée, soutient l'inverse. On peut dès lors imaginer son état d'esprit lorsqu'il rédige son article : confronté à d'importants problèmes administratifs alors que la Première Guerre mondiale fait rage, il se voit imposer la publication en hâte d'une oeuvre attendue par de nombreuses sociétés savantes. Le rédacteur, Émile Cartailhac, est de surcroît en proie à des difficultés financières et manque de temps pour finaliser le manuscrit.

Un héritage éclaté

L'article de Salomon Reinach n'est pas l'unique responsable de cette idée d'un échec de la Commission. Les archives des travaux de la CTG ont souffert d'une très grande dispersion. Une partie est restée chez les membres et correspondants impliqués dans le projet. Émile Cartailhac  a emporté une autre partie des archives à Toulouse pour terminer le Dictionnaire. Certaines ont été déposées dans diverses institutions à Paris et dans les départements ; d'autres encore, en raison de leur qualité et intérêt, dépecées pour constituer des dossiers documentaires. En dépit de cette dispersion, ces archives témoignent surtout d'un fait : la CTG constitue la première tentative de structuration de l'archéologie en France.