Il y 2 800 ans

Nimrud (Irak)

Ancienne capitale de l’empire néo-assyrien (IXe-VIIe siècles avant J.-C.), Nimrud, alors appelée Kalhu, était un centre intellectuel de premier plan. C’est ce dont témoigne la bibliothèque qui a été retrouvée dans le sanctuaire de l’Ezida consacré au dieu des scribes Nabû et à sa parèdre Tashmetu.
Statues colossales à l'entrée de la cour intérieure du sanctuaire de Nabû, en cours de dégagement (Musée Albert-Kahn A 54 196 S)

La bibliothèque du dieu des scribes à Nimrud

Le site, aujourd’hui inaccessible et très endommagé, offre un très bel exemple de bibliothèque de temple. Sa reconstitution et sa modélisation par l’équipe du projet Nimrod, bibliothèques de l’Antiquité, du Labex Les Passés dans le Présent, et le CIREVE, permet de parcourir le sanctuaire et de découvrir l’emplacement des tablettes, leur inventaire et des exemples des principales catégories de textes.

L'Ezida, « le Temple de Vérité »

L’Ezida, « le Temple de Vérité », renfermait une bibliothèque qui se composait de tablettes cunéiformes dont plus de 250 ont été retrouvées en 1955 et 1956 par une équipe britannique dirigée par Max Mallowan. Le bâtiment comptait 35 pièces et mesurait 85 m sur 80. Il a été détruit en 612 avant J.-C. lors de la prise et de la destruction de la ville par les Mèdes, et seuls quelques squats ponctuels sont ensuite venus le perturber. Ses murs, d’une épaisseur de 3 à 8 m, étaient conservés sur plusieurs mètres de haut.

Bibliothèque de l'Antiquité

La bibliothèque contenait des documents littéraires et savants. Elle était complétée par des textes d’archive. Il s’agit d’un des exemples les plus clairs et complets d’une bibliothèque antique découverte in situ. Sa taille limitée, en comparaison des bibliothèques de Ninive ou de Babylone qui se composaient de plusieurs milliers de tablettes, en fait un excellent exemple de centre savant pour lequel sont connus les bâtiments, une partie des textes et certains des scribes les ayant produits.

Malgré le nombre réduit de tablettes mises au jour, on constate que la bibliothèque était assez généraliste, ne marquant pas de spécialisation dans une discipline particulière. En revanche, les scribes avaient effectué une différenciation entre d’un côté les textes administratifs et juridiques qui se trouvaient dans la première cour et, de l’autre, les tablettes littéraires et savantes qui étaient situées dans la seconde, en face de la cella de Nabû. Un espace du sanctuaire était aussi utilisé par la monarchie assyrienne pour la conservation de ses traités internationaux.

La lutte contre le vol et le trafic illicite des biens culturels est l'une des priorités du ministère de la Culture et de la Communication, qui prête une grande attention à l'ensemble de ces problématiques, notamment par son rôle régalien de contrôle de la circulation des biens culturels.

 

En savoir plus :

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Nimrud : relief de génie à tête de rapace et arbre sacré
© Photo RMN - Jean-Gilles Berizzi
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Statue de serviteur
© The Trustees of the British Museum
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Tablette ND 4327
© The Trustees of the British Museum
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Statues colossales dans l'Ezida
Collection Archives de la Planète - Musée Albert-Kahn/Département des Hauts-de-Seine
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Axonométrie de l'Ezida
British Institute for the Study of Iraq
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Vue de la cella de Tasmetu
British Institute for the Study of Iraq
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Plaque d'ivoire sculpté
Metropolitan Museum New York. Rogers Fund 1957
LIEU-DIT 
Nimrud, ancienne Kalhu
LOCALISATION 
Nord de l’Irak
DATE DE DÉCOUVERTE 
1955-1956
PÉRIODE D'OCCUPATION 
Bibliothèque active aux IXe-VIIIe siècles
DOSSIER THÉMATIQUE 
Archéologie en Mésopotamie
DIRECTION SCIENTIFIQUE 
Aline Tenu, Grégory Chambon, Philippe Clancier, Gaëlle Coqueugniot
ÉTAT 
Destruction avancée