L’archéologue suisse Paul Collart (1902-1981) a mené dans les années 1950 une campagne de fouilles importante sur le site de Palmyre, centrée autour du temple de Baalshamin.

Un archéologue photographe

L’apport majeur de Paul Collart tient à ses très nombreux voyages sur les grands sites archéologiques méditerranéens (en Syrie, mais aussi en Grèce, en Turquie, au Liban, en Égypte, en Tunisie, au Maroc, etc.), qu’il a documentés à travers une collection photographique d’une grande qualité. À chaque voyage, il partait équipé d'un appareil photographique et d'un trépied.

Ses clichés sont aujourd’hui précieux à plusieurs égards. Documents archéologiques, ils constituent des archives souvent uniques sur l'état des sites dans la première moitié du XXe siècle et permettent des comparaisons avec leur situation actuelle. Documents écologiques, ils offrent un aperçu du décor dans lequel s'inséraient les sites archéologiques et de l'évolution des paysages en un demi-siècle. Documents ethnographiques enfin, ils témoignent des conditions de voyage dans l'Europe méridionale et le Proche-Orient des années 1930-1940.

Le fonds Collart : gestion et valorisation

À la mort de Paul Collart, en 1981, le fonds photographique fut d’abord légué par ses héritiers à Pierre Ducrey, alors doyen de la Faculté des Lettres de l’Université de Lausanne, à laquelle Collart était très attaché pour y avoir étudié et enseigné. Ensuite confié à l'Institut d'archéologie et d'histoire ancienne de l'université, il a été numérisé par l'Institut suisse pour la conservation de la photographie en 2003-2004.

Avec plus de 3 000 négatifs digitalisés, une base de données, préalablement inventoriées par Anne Bielman, a été réalisée par Patrick Michel en 2005-2006. Certains fonds ont également été mis en valeur à travers plusieurs expositions, en particulier « Deux archéologues en Syrie : les fouilles de Maurice Dunand à Tell Kazel (1956, 1960-1962) et de Paul Collart à Palmyre (1954-1956) », réalisée par Patrick Michel, en 2006-2007.