Mari, carrefour culturel dès l’origine

La situation de Mari au cœur du monde mésopotamien explique la diversité des influences culturelles présentes dans la ville dès sa fondation. Des traits spécifiques au moyen Euphrate se sont constamment mélangés avec des influences venues de haute Mésopotamie, mais aussi de la Mésopotamie centrale ou du Sud. Au début du IIIe millénaire, on y trouve ainsi des céramiques caractéristiques de la Mésopotamie du Nord (Ninive V) et du centre (céramique écarlate), et des céramiques peintes de l’Euphrate.

Voisine de Sumer et rivale d’Ébla

La Ville II de Mari fut l’une des grandes cités mésopotamiennes. Les textes de la Ville II sont écrits dans une langue sémitique alors en usage de la Mésopotamie centrale à la Syrie occidentale et distincte du sumérien pratiqué dans le Sud irakien. Les céramiques de cette période sont très proches des céramiques alors en usage en Mésopotamie centrale mais de nombreux traits culturels témoignent de l’affirmation d’une variante des bords de l’Euphrate de la culture des cités-États suméro-akkadiennes. En témoignent notamment les empreintes au sceau du dernier roi de la Ville II, Ishgi-Mari qui mêlent de manière très originale les scènes conventionnelles de triomphe et de banquet de l'art sumérien.

Une renaissance culturelle à la fin du IIIe millénaire

Après sa destruction par Sargon, Mari connaît une renaissance sous l’autorité d’une série de potentats nommés shakkanakku. S’affirme alors une vigoureuse culture locale, marquée par un processus de centralisation des productions, que l’on retrouve sur tout le moyen Euphrate.

La sphère amorrite

L’arrivée des princes amorrites à Mari au XVIIIe siècle av. J.-C. s’est accompagnée d’une « babylonisation » de Mari : tant du point de vue de l’écriture que des productions céramiques, Mari participe au développement d’une communauté culturelle particulièrement dynamique dont le foyer majeur est à nouveau en Mésopotamie centrale, à Eshnunna puis Babylone. Cité des bords de l’Euphrate, Mari fut ainsi à la fois un foyer majeur sur le plan politique et culturel et une caisse de résonnance.