La Ville I de Mari est une ville nouvelle, conçue dès le départ dans l’intégralité de ses dimensions et de sa forme.

L’aménagement du site urbain

La stratigraphie montre qu’elle a été construite sur un socle, haut de 50 cm à 1 mètre, de terres rapportées, choisies pour leurs propriétés à la fois isolantes et absorbantes, de façon à éloigner de la nappe phréatique, toute proche, la base des constructions.

Un plan conçu dès l’origine

Les tronçons des deux enceintes mises au jour – digue extérieure et enceinte intérieure – montrent, dans la succession stratigraphique des Villes I, II et III, des variations minimes dans leur tracé respectif : le plan circulaire de 2,9 km de diamètre, conçu dès l’origine (vers 2950 av. J.-C.), est resté stable pendant plus de mille ans.

Une infrastructure urbaine compartimentée

Le plan général de la ville repose sur une infrastructure compartimentée, repérée en Ville II, qui organise le réseau viaire et sert aussi de fondation aux maisons. Ce système perdure au fur et à mesure des reconstructions.

Les canaux de transport et d’approvisionnement : une nécessité

La mise en œuvre du chantier a requis d’énormes moyens matériels, et par conséquent humains : les fondations des murailles en briques crues sont constituées de blocs de gypse pouvant dépasser 5 tonnes. Pour les transporter, seule la voie d’eau était envisageable. C’est pourquoi c’est bien à cette phase initiale qu’il convient d’attribuer le canal de dérivation qui traversait la ville.

Quant au canal de transport de rive gauche (long de 120 km à partir de la confluence du Khabur), aucun artefact ne peut prouver son ancienneté ; néanmoins, en l’absence de texte, la logique constructive et économique (dépendance de Mari par rapport aux régions septentrionales pour les matières premières et le combustible) conduisent à l’attribuer, lui aussi, au début du IIIe millénaire.