En dehors du monde du palais, nous savons peu de choses des habitants de Mari. Dès 2500 av. J.-C., ils portent des noms sémitiques.

Images stéréotypées d’une élite

Plusieurs dizaines de statuettes inscrites, brisées par les soldats d’Akkad en 2290 av. J.-C., représentent des personnalités en prière, membres de la famille royale, fonctionnaires, prêtres et prêtresses. Statuettes au sourire caractéristique, vêtues de la robe de laine à longues mèches, dite kaunakès, elles sont l’image d’une élite sociale composée de serviteurs du roi, souvent pieux gestionnaires.

Des fragments de panneaux incrustés de nacre recueillis dans les décombres de la Ville II proviennent de panneaux décoratifs qui représentaient des scènes militaires ou des scènes rituelles stéréotypées : ils constituent un précieux témoignage sur les pratiques sociales très formalisées d'une élite qui célébrait sa capacité à assurer la sécurité d'une cité en rivalité constante avec ses voisines. 

Fonctionnaires royaux et prêtres assuraient la bonne marche d’un système bureaucratique qui drainait au profit d’une série de grandes maisons, notamment le Grand Palais, les ressources d’un territoire qu’il est difficile d’estimer.

La population de Mari

Au-delà de ces scènes conventionnelles, on dispose de peu d’informations sur la population de la ville et sa campagne. Dans la vallée, au XVIIIe siècle av. J.-C., des paysans sédentaires, que l’on nomme Akkadiens, ont cohabité avec des pasteurs semi-nomades pratiquant avec leurs troupeaux une transhumance séculaire entre steppe et vallée. Ceux-ci, appelés « Amorrites », se désignent eux-mêmes, dans les textes découverts dans le Grand Palais, comme les « fils de la droite » et les « fils de la gauche ». Quant à la population de la ville, elle demeure difficile à estimer mais comptait probablement quelques milliers d’habitants.