Les recherches sur le Tell Hariri, dans la moyenne vallée de l’Euphrate syrien, à 15 km du poste frontière d’Abu Kémal, ont débuté en 1933. Dès cette première campagne, André Parrot identifia le site : celui de l’antique Mari, l’une des grandes capitales du Proche-Orient ancien.    

Les fouilles d'André Parrot (1933 - 1974)

Après la fouille du temple d’Ishtar qui permit l’identification du site, André Parrot découvrit successivement le Grand palais royal puis les édifices du centre religieux de la ville, notamment la haute terrasse et les temples qui l’environnaient. Les milliers de tablettes du Grand Palais royal, combinées aux exceptionnelles séries d’objets découvertes dans ces édifices permirent de comprendre l’histoire d’une « ville perdue » du IIIe et du début du IIe millénaire avant notre ère. Après guerre, la reprise des recherches permit l’exploration de nouveaux sanctuaires, notamment le temple d’Inanna-zaza, mais aussi la découverte sous le Grand Palais royal d’édifices plus anciens, les palais dits présargoniques où fut exhumé le fameux trésor d’Ur, en 1965. 

Les fouilles de Jean-Claude Margueron (1979 - 2004)

La reprise des recherches, sous la direction de Jean-Claude Margueron, a permis, d’une part de mieux comprendre le contexte régional dans lequel s’était développée cette « métropole de l’Euphrate », d’autre part de découvrir la plus ancienne attestation d’un urbanisme très élaboré appliqué aux premières cités de l’histoire. Les recherches ont combiné fouilles classiques, prospection géomagnétique et régionale. Elles ont permis de mieux comprendre les différentes étapes du développement de la ville, en identifiant une première ville fondée vers 2900 avant notre ère. De nouveaux ensembles bâtis ont été explorés, notamment le Petit Palais oriental, mais aussi des quartiers d’habitation et les enceintes de la ville. Les fouilles se sont également poursuivies dans le secteur du Grand Palais royal et à partir de 1990 dans celui des temples. Ces études, combinées aux résultats de la prospection géomagnétique, ont permis de comprendre le fonctionnement dans la longue durée d’un tissu urbain en Mésopotamie. 

Les fouilles de Pascal Butterlin (depuis 2005)

En 2005, Pascal Butterlin prend la direction de la mission avec un programme renouvelé sur la métropole de l’Euphrate et son hinterland immédiat. Les recherches sur le terrain se sont poursuivies jusqu’au début du conflit syrien. Elles ont porté sur le centre monumental, notamment le massif rouge, l’environnement des palais et la ville est, dont trois secteurs ont été explorés. La publication des fouilles anciennes s’est poursuivie et l’exploitation des archives de la mission est devenue un enjeu majeur dans le contexte du conflit syrien, combinée au travail d’expertise des dégâts considérables survenus sur le site à partir de 2013.