Akkadien

L'akkadien est l'une des langues parlées et écrites en Mésopotamie, depuis le IIIe millénaire av. J.-C. C'est l'une des plus anciennes langues sémitiques. Son nom provient de la ville d'Akkad fondée par Sargon Ier (2334-2279 av. J.-C.). Les derniers textes rédigés en akkadien date du Ier siècle ap. J.-C.

Artefact

Objet artificiel, par opposition à un objet naturel.

Barcasses

Terme utilisé par André Parrot pour désigner des réceptacles à libations de forme allongée aux extrémités arrondies généralement en plâtre, parfois en bronze, en pierre ou en bitume. Ils sont situés le plus souvent à la base et autour des tables d'offrande, des podiums, parfois à la base des murs.

Bétyle

Mot d'origine sémitique signifiant « maison de Dieu ». Il s'agit en général de pierres dressées sacrées qui manifestaient la présence du dieu. 

Bitume

Mélange d'hydrocarbures formant naturellement une pâte visqueuse.

Plusieurs sources de bitume existaient en Mésopotamie, notamment autour de Hit, sur le moyen Euphrate. Le bitume était très utilisé par les Mésopotamiens, à des fins d'imperméabilisation ou de calfatage (canalisations, terrasses, embarcations), de colle (pour la fabrication d'outils notamment) ou de peinture noire (décors architecturaux ou d'objets). On trouve en basse Mésopotamie des calcaires bitumineux (imprégnés d'hydrocarbures), qui ont été utilisés pour la sculpture : tendres et faciles à travailler, ils imitaient cependant les pierres dures (diorite, basalte).

Blocs de gypse

L’origine de ces blocs est incertaine. Si l’hypothèse d’une réutilisation des blocs lors du creusement du canal de rive gauche a été avancée, il semble plus vraisemblable qu’ils proviennent de la falaise de Doura Europos, 30 km au nord en amont.

Brique

Matériau de contruction fait à partir de terre argileuse mélée à un dégraissant (généralement de la paille).

D'abord modelée au début de l'époque néolithique puis moulée dans des cadres quadrangulaires, la brique est le matériau de construction le plus répandu en Mésopotamie, encore jusqu'à une époque récente. On distingue les briques crues, séchées au soleil, et les briques cuites au four, qui apparaissent au IIIe millénaire en Mésopotamie mais ne sont employées couramment dans la construction qu'à partir du Ier millénaire av. J.-C.

À partir du IIe millénaire mais surtout au Ier millénaire, on a créé des décors de briques en relief, pouvant être émaillées : une glaçure liquide apposée sur la brique pré-cuite se vitrifiait lors d'une seconde cuisson. Différentes couleurs étaient obtenues par des oxydes métalliques.

Cuivre

Absent de Mésopotamie, il était importé de régions parfois lointaines : l'Iran et l'Afghanistan à l'époque préhistorique, ou la péninsule d'Oman au IIIe millénaire av. J.-C. Au IIe et au Ier millénaire av. J.-C., l'essentiel du minerai de cuivre vient de Chypre ou des monts Taurus (Anatolie). Le cuivre est utilisé pour fabriquer du bronze, en alliage avec de l'arsenic aux époques préhistoriques, et surtout, à partir du IIIe millénaire, avec de l'étain. Plus robuste que le cuivre, le bronze vient rapidement remplacer ce dernier pour la fabrication des outils et des armes.

Cunéiforme

Système d’écriture inventée en Mésopotamie du sud et utilisé pour transcrire plusieurs langues dont l’assyrien, le babylonien et l’urartéen. Le cunéiforme s’écrit et se lit de gauche à droite. Les signes sont tracés dans l’argile fraîche à l’aide d’une baguette en roseau taillée en biseau. Un signe signifie soit un mot, soit une syllabe.

Dépôt de fondation

Ensemble d'objets (figurines, textes, tablettes...) déposé dans ou sous un mur lors de la construction d'un édifice important, ayant notamment pour vocation d'apporter une protection symbolique à ce dernier.

Déterminatif divin

Dans l'écriture akkadienne, on utilise l'idéogramme sumérien signifiant « dieu » (représenté par une étoile stylisée) comme déterminatif divin, en le plaçant devant les noms de divinités. À partir du souverain akkadien Narâm-Sîn (dernier quart du IIIe millénaire), le déterminatif divin est employé devant le nom du roi, affirmant ainsi sa prétention à être l'égal des dieux.

Divinisation du roi

Voir « Déterminatif divin ».

Écarlate (céramique)

Céramique produite dans les premiers siècles du IIIe millénaire av. J.-C. en Mésopotamie centrale (principalement dans la vallée de la Diyala), dont la surface est couverte de motifs peints en noir et rouge vif. Le décor est composé de figures géométriques et d'animaux stylisés, plus rarement de représentations humaines.

Élévation

Représentation par le dessin d'un édifice dans sa projection géométrale et verticale.

Enceinte sacrée

L'« enceinte sacrée » de Mari est un monument unique de l'archéologie mésopotamienne : faisant partie du « palais présargonique », il s'agit d'un sanctuaire, le plus important de la Ville II, voué à une divinité encore inconnue. Il s'agit sans doute d'un grand centre artisanal dépendant du pouvoir royal et sous le couvert du grand dieu de la cité.

Encorbellement

Construction formant une saillie sur le plan vertical d'un mur et soutenue en porte-à-faux par des corbeaux ou des consoles.

Encorbellement (voûte)

Type de voûte ou d'arc dans lequel les éléments de construction sont posés horizontalement, chaque bloc ou brique étant en surplomb par rapport à celui sur lequel il repose.

Épigraphie

Science ayant pour objet l'étude des inscriptions, généralement anciennes, gravées ou parfois peintes sur des supports imputrescibles (pierre, argile ou métal).

Favissa

Fosse de dépôt d'objets rituels.

Fresque

Procédé pictural consistant à employer des couleurs à l'eau sur l'enduit frais d'un mur, d'une surface maçonnée. Par métonymie, peinture murale exécutée selon ce procédé.

Fritte

Mélange vitreux obtenu par fusion et broyage de divers constituants (silice, soude, potasse, chaux, etc.), et utilisé dans la préparation de certaines pâtes ou glaçures céramiques.

Glaçure

Mélange alkalin de carbonates et de silicate de chaux, pouvant être coloré à l'aide d'oxydes métalliques. Au Ier millénaire av. J.-C., les briques à glaçure (plates ou en relief) ont été employées en Assyrie et en Babylonie pour rehausser le décor architectural ou créer des panneaux décoratifs.

Hammurabi
1792 - 1750 av. J.-C.

Figure marquante du premier tiers du XVIIIe siècle av. J.-C.Né vers 1810,  il était le fils de Sîn-muballit, roi d’un assez modeste royaume de Babylone. Devenu roi en 1792, il régna jusqu’en 1750, après avoir créé le premier empire babylonien qui unifia le bassin hydrographique de la Mésopotamie. Les débuts de son entreprise furent difficiles et il rencontra des résistances aussi bien à Isin et Uruk que contre le roi d’Eshnunna ou l’empereur d’Elam ; cependant une réelle puissance militaire, une habile diplomatie et des retournements d’alliance au bon moment finirent par porter leurs fruits en lui donnant la victoire contre l’Elam à l’Est, puis contre Larsa au Sud, enfin contre la Haute Mésopotamie et Mari en 1761, qui fut définitivement détruite. Cependant cette construction, qui semblait atteindre des limites géographiques naturelles, n’avait aucune base réelle. Sous son successeur, Samsu-iluna, la puissance de Babylone s’effrita et l’on ne peut plus parler véritablement d’un empire, même si la fiction de celui-ci subsista jusqu’au raid hittite de Mursili Ier en 1594. La célébrité de Hammurabi vient aussi de son activité de législateur et du célèbre code, retrouvé comme butin de guerre plus tardif à Suse, sur lequel étaient gravées les lois qui avaient cours dans l’ensemble de l’empire.

Hépatoscopie

Pratique divinatoire s'appuyant sur l'examen de foies d'animaux sacrifiés.

In antis (plan)

Type de plan dans lequel les murs des longs côtés de la pièce principale quadrangulaire se prolongent en-deçà de l'accès à cette pièce, créant une sorte de vestibule.

Kaunakès

(En grec « toison »)

Longue jupe ou robe méchée représentée à la période du Dynastique archaïque en Mésopotamie. La représentation des mèches laisse à penser que le kaunakès était fait de peau de mouton ou de chèvre.

Kudurru

Dans la Mésopotamie kassite, stèle sur laquelle sont inscrites des donations de terre, ornée de nombreux symboles divins, destinés à protéger la propriété de la terre de toute revendication. Les kudurru étaient conservés dans les temples.

Kudurru

Dans la Mésopotamie kassite, stèle sur laquelle sont inscrites des donations de terre, ornée de nombreux symboles divins, destinés à protéger la propriété de la terre de toute revendication. Les kudurru étaient conservés dans les temples.

Lames cananéennes

grandes lames de silex débitées par percussion indirecte (chasse-lames ou punch) ou par pression au levier et dévolues à la confection de l’outillage agricole (armatures de faucille et éléments de tribulum), artisanal ou domestique. Initialement reconnues en Palestine dans les industries de l’âge du Bronze, elles ont vu leur terminologie étendue à l’ensemble des productions régulières de grand module mises en œuvre entre le Ve et le IIIe millénaire sur les franges méridionales de l’Anatolie, en Mésopotamie du nord et au Levant.

Lames cananéennes

Grandes lames de silex débitées par percussion indirecte (chasse-lames ou punch) ou par pression au levier et dévolues à la confection de l’outillage agricole (armatures de faucille et éléments de tribulum), artisanal ou domestique. Initialement reconnues en Palestine dans les industries de l’âge du Bronze, elles ont vu leur terminologie étendue à l’ensemble des productions régulières de grand module mises en œuvre entre le Ve et le IIIe millénaire sur les franges méridionales de l’Anatolie, en Mésopotamie du nord et au Levant.

Lanterneau

Construction munie d'ouvertures qui surmonte un bâtiment et peut en assurer l'éclairage ou l'aération.

Massif rouge

Haute terrasse pourvue d’un étage en retrait, édifiée lors de la construction de la Ville II de Mari. Particulièrement imposante, elle dominait l’ensemble d’une ville résultant d’un véritable urbanisme, parfaitement maîtrisé. Au pied de ce massif se trouvait le sanctuaire du Seigneur du Pays, identifié en 2009 grâce aux inscriptions gravées sur quatre statuettes fragmentaires découvertes dans le temple. Après la destruction de la Ville II, les shakkanakku construisent un nouvel ensemble terrasse haute - temple bas, toujours dédié au Seigneur du Pays, peut-être une épithète du dieu Dagan, question qui reste néanmoins encore ouverte.

Médio-assyrienne (époque)
XIVe siècle - fin du IIe millénaire av. J.-C.

Période qui voit la naissance d'un État assyrien puissant, qui prend son indépendance avec Aššur-Uballit (1365-1330 av. J.-C.). C'est le règne d'Adad-Nêrârî Ier (1307-1275 av. J.-C.) qui voit l'extention territoriale de l'État assyrien, vers l'ouest et vers le sud. Tukultî-Ninurta Ier (1244-1208 av. J.-C.) parachève cette expansion avec la prise de Babylone. Les années qui suivent son règne sont celles d'une crise de l'Assyrie, qui ne prend fin qu'à la fin du XIIe siècle, avec notamment le règne de Tiglath-Palazar Ier (1114-1076 av. J.-C.). Mais les affontements répétés avec les Araméens causent la perte des territoires conquis par l'Assyrie à la fin du IIe millénaire.

Ninive V (céramique)

La céramique caractéristique de la phase V du site de Ninive (première moitié du IIIe millénaire av. J.-C.) se distingue par son décor de motifs géométriques élaborés. On distingue trois types : outre une céramique commune, on trouve une céramique peinte de motifs sombres sur fond clair, et une céramique grise fine décorée de motifs incisés. La répartition de ces types de céramique couvre la Haute-Mésopotamie (Irak du Nord, Syrie du Nord-Est).

Orant

En Mésopotamie, des statuettes en ronde-bosse de personnages en attitude de prière (en orants) ont été produites au IIIe millénaire.

Palais dit présargonique

Cet édifice, identifié sur trois phases successives par André Parrot, et considéré par lui comme un palais, correspond en fait au Temple-Manufacture de la Ville II.

Papahum

Dans les palais mésopotamiens de la fin du IIIe millénaire et de la première moitié du IIe millénaire (époque de la Troisième dynastie d'Ur et époque amorrite), le papahum (« vestibule ») est une grande salle barlongue dont l'utilisation exacte est inconnue, mais qui semble jouer à la fois un rôle officiel et un rôle religieux.

Polos

Coiffe féminine en forme de large toque arrondie au sommet et prolongée en bas par une partie très évasée semblant imiter une chevelure postiche.

Présargonique (époque)

En Mésopotamie, autre dénomination pour l'époque dynastique archaïque.

Racloirs tabulaires

Éclats corticaux de grandes dimensions, le plus souvent transformés par la retouche. Produits entre le IVe et le IIIe millénaire sur les ateliers des marges de Jordanie, du Néguev et du Sinaï, ces supports ont été identifiés jusque sur le Haut-Euphrate, la côte sud du Levant et dans le Delta du Nil.

Radiocarbone (datation)

Le carbone 14 (14C) ou radiocarbone est un isotope instable et radioactif du carbone présent dans la matière organique vivante. Après la mort des tissus, le taux de 14C (rapport entre la quantité de 14C et la quantité totale de carbone) décroît selon une courbe et à un rythme connus. La mesure de ce taux permet ainsi (moyennant des opérations de calibration) de connaître la durée écoulée depuis la mort des organismes étudiés.

Cette méthode de datation s'applique aux échantillons vieux de quelques centaines d'années à 50 000 ans.

Radioconcentrique (plan)

Plan composé d'éléments circulaires concentriques et d'éléments linéaires radiaux.

Sceau-cylindre

Petit cylindre de pierre, percé au centre dans le sens de la longueur, gravé de motifs en creux (géométriques ou figurés) que l'on imprimait sur de l'argile humide en faisant rouler le cylindre. Les sceaux-cylindres sont utilisés au Proche-Orient à partir du IVe millénaire pour marquer des scellements de jarres ou de portes, ou pour authentifier des tablettes d'argile inscrites.

Scorie

Résidu solide des opérations de traitement des minerais métalliques.

Second jour

En architecture, entrée de la lumière du soleil dans une pièce à travers une autre.

Sémitique (langue)

Le groupe des langues sémitiques (nommées ainsi d'après le nom bibilique de Sem, fils de Noé) est divisé en plusieurs sous-ensembles : l'akkadien (sémitique oriental) ; les langues nord-ouest sémitiques (ougaritique, araméen et cananéen, l'hébreu faisant partie de cette dernière) ; et les langues sud-sémitiques (arabe, sud-arabique, éthiopien).

Shakkanakku

Gouvernants de Mari entre le XXIIIe et le XIXe siècle av. J.-C. À l'origine gouverneurs installés par les souverains de l'Empire d'Akkad, les shakkanakku se sont progressivement émancipés pour former une véritable dynastie, à la tête de la ville jusqu'au XIXe siècle av. J.-C. Ils furent chassés du pouvoir par une dynastie amorrite.

Stratigraphie

Les différentes traces d’occupation humaine sur un même site s’organisent couches stratigraphiques : les couches les plus profondes sont généralement les plus anciennes, et les couches les moins profondes sont plus récentes. La stratigraphie, qui est l’étude de l’organisation de ces différentes couches, permet de comprendre l’enchaînement des différents événements qui ont eu lieu sur le site. 

Tablette (d'argile)

Généralement quadrangulaire, la tablette d'argile est le principal support des documents écrits au Proche-Orient ancien. Les signes y étaient gravés à l'aide d'un calame, ou roseau taillé en biseau, qui leur conféraient une forme de clou caractéristique. Certaines tablettes pouvaient être cuites après inscription, mais la plupart restaient en argile crue séchée.

Tell

Le mot arabe tell désigne une colline artificielle qui résulte des occupations humaines successives, chaque nouvelle occupation étant construite sur les ruines de la précédente. À la fouille, les couches les plus profondes sont donc les plus anciennes, et les plus hautes sont les plus récentes. 

Temple d'Ishtar (Mari, Ville II)

Le temple d'Ishtar est le premier édifice fouillé à Mari. Il a livré un riche matériel – statues d'Ebih-Il et d'Ishgi-Mari, restes de composition de mosaïques, vases précieux… – révélant alors l'importance de Mari. Le temple d'Ishtar est situé sur le flanc ouest du site, dominant une des portes de la ville et jouxtant un espace de marché et d'artisanat. Fondé milieu du IIIe millénaire (Ville II), il a été reconstruit par les shakkanakku, après sa destruction par les armées d'Akkad. Son plan quadrangulaire d'environ 30 × 50 mètres regroupe deux lieux de culte et un espace d'habitation. Ce type de plan s'inscrit dans une tradition architecturale de Mésopotamie centrale.

Temple du Seigneur du pays ou temple aux Lions (Mari, Ville III)

Le sanctuaire majeur de la Ville III de Mari a été édifié au XXIIe siècle av. J.-C. Il était dédié au « Seigneur du Pays » et était accolé, sur sa façade nord, à la terrasse monumentale. L'édifice, dans sa phase finale, était protégé par les fameux lions en bronze.

L’organisation interne de ces sanctuaires a varié et reflète parfois certaines influences mésopotamiennes, septentrionales ou levantines qui ont marqué la vie religieuse à Mari. Cependant, les traditions propres à la vallée de l’Euphrate ne sont pas toujours faciles à déceler. Différentes divinités féminines sont aussi vénérées : d’impressionnants dépôts votifs ont été découverts dans les temples d’Ishtar, de Ninhursag et de Inanna-Zaza (lue autrefois Nini Zaza). On retrouve dans les sanctuaires de la Ville II une disposition qui voit s’articuler de manière répétée un espace quadrangulaire donnant sur un grand espace allongé accessible par deux portes situées sur le long côté. Avec la Ville III, Mari se dote du temple aux Lions d’un grand édifice à plan in antis, un plan d’origine nord-mésopotamienne.

Temple-manufacture (Mari, Ville II)

Le grand monument du milieu du IIIe millénaire mis au jour à Mari par André Parrot puis par Jean-Claude Margueron sous le grand palais royal de la Ville III, désigné comme palais « présargonique », laisse en réalité la part belle à l'univers religieux. L'« enceinte sacrée », un grand sanctuaire, sans doute celui du grand dieu fondateur de la cité, constitue le quart sud-est de l'édifice. Le reste est occupé par des espaces d'importance diverse, moins raffinés. Ni appartements royaux, ni salle du trône ne se distinguent. En revanche, les nombreux indices d'artisanat font penser plutôt à un édifice religieux pourvu de nombreux ateliers. Cet ensemble architectural a connu au moins trois phases architecturales successives, qui toutes préservent l'existence de son secteur sacré. La découverte d'un tel monument jette un jour nouveau sur la nature de la Ville II et sans doute sur la qualité d'un pouvoir, certes royal, mais probablement imprégné de sacralité.

Thermoluminescence (datation)

La datation par thermoluminescence se fonde sur la capacité qu'ont certains minéraux à piéger des électrons issus de radiations cosmiques et à restituer cette énergie (sous forme de lumière) lorsqu'ils sont chauffés. Chaque chauffe remettant ainsi les compteurs à zéro, il est possible, en déterminant la dose annuelle de rayonnements reçue par l'objet et en mesurant la dose accumulée dans l'objet, de dater la dernière chauffe auquel il a été soumis. En archéologie, cette méthode peut s'appliquer aux céramiques (datation de la cuisson) ou aux pierres de foyer (dernière combustion) par exemple.

Tribulum

Planche armée d’éclats ou de lames de silex utilisée pour le traitement et la transformation des récoltes. Attelée en traîneau, elle était régulièrement passée sur les épis afin de dépiquer les grains et hacher la paille.

Vase jaillissant

Thème iconographique souvent représenté en Mésopotamie. Il se caractérise par deux flots jaillissant d'un vase, en symbole de fertilité et d'abondance.

Ville I (Mari)

Première des grandes périodes de l'occupation de la ville de Mari, de sa fondation vers 3000 av. J.-C. jusque vers 2700 av. J.-C.

Ville II (Mari)

Deuxième grand période d'occupation de Mari, de 2600 av. J.-C. environ jusqu'à la destruction de la ville par les armées d'Akkad, autour de 2300 av. J.-C.

Ville III (Mari)

Troisième grande période d'occupation de Mari, de 2200 environ et l'installation des shakkanakku à la tête de la cité, à la prise de la ville par Hammurabi de Babylone en 1761.

Zimri-Lim
Il y a environ 3 800 ans

Dernier roi de Mari, il est connu particulièrement bien en raison des archives qui furent dégagées dans la fouille des ruines de son palais de Mari, détruit par Hammurabi de Babylone en 1761. Sa défaite finale marque la fin du royaume de Mari (Ville III), qui s’était reconstitué après la destruction de la Ville II par les Agadéens. A la dynastie des Shakkanaku avaient succédé des rois amorrites et, entre 1792 et 1775, la domination de Samsi-addu, roi de Haute Mésopotamie. Zimri-Lim, qui reprit le pouvoir à ce dernier, ne régna que 13 années à Mari (1774-1761) ; il se proclamait le fils de Yahdun-Lim qui avait régné à Mari de 1810 env. à 1794, alors qu’il était sans doute son neveu ou un petit-fils. Il semble avoir gouverné, afin de restaurer le royaume de Yahdun-Lim, avec une certaine habileté, entre les anciens serviteurs de Samsi-Addu qu’il avait délogés de Mari, le royaume d’Alep avec Yarim-Lîm, celui de Babylone avec hammurabi, les princes nomades benjaminites. Mais les relations entre les royaumes amorrites étaient devenues si complexes qu’il passa l’essentiel de son règne dans des guerres harassantes pour protéger son royaume. Sans que l’on en connaisse les circonstances exactes, il fut finalement vaincu en 1761 par Hammurabi qui détruisit la ville et son palais en transférant leurs richesses à Babylone.