Un centre de pouvoir

Nûr-Adad, souverain amorrite régnant entre 1865 et 1850 av. J.-C., se fit construire un palais non loin du centre religieux de la ville. Il a été découvert par André Parrot lors de la première campagne à Larsa en 1933. La reprise des fouilles par Jean Margueron, en 1969 et 1970, a permis de mieux comprendre le bâtiment. Son dégagement reste incomplet, son entrée et toutes ses façades n’étant pas connues. Bâtis en brique cuite, les puissants murs de l'édifice reposaient sur de larges murs de briques crues. D’abord interprétés comme les traces d’un palais plus ancien, ils ont été par la suite identifiés comme les fondations de l’édifice. L'identité du bâtisseur était indiquée par deux briques inscrites au nom du souverain, dans un seuil dallé.

Un palais amorrite

Le palais présente un plan soigneusement conçu, combinant plusieurs secteurs juxtaposés. Ainsi, une unité officielle composée d’une cour, d’un vestibule et de la salle du trône se distingue nettement. À l’ouest de celle-ci se trouve un secteur économique, dévolu au stockage. Isolés du reste, au nord et à l’est, devaient se trouver les « communs ». Le palais devait certainement posséder un étage, rassemblant les appartements privés. Le plan de l’édifice suit l’organisation habituelle des palais amorrites de Mésopotamie, tel qu’on peut les observer à Mari, Uruk, Ešnunna et Aššur.

« Un palais mort-né »

L’absence de toute trace d’occupation, de porte et d’objet dans le bâtiment, tout comme l’absence de trace d’incendie ou d’abandon brutal, a amené Jean Margueron à supposer que la construction du palais était restée inachevée.