Au sein de la plaine mésopotamienne, les hommes ont réussi à maîtriser leur environnement pour transformer un milieu difficile en une région extrêmement riche où ont fleuri d’immenses cités.

L’irrigation

En Basse Mésopotamie, une agriculture sèche n’est pas possible. La mise en valeur agricole de la région a nécessité un recours massif à l’irrigation, attestée dès la fin du VIIe millénaire av. J.-C. D’importants aménagements hydrauliques ont été créés et maintenus, imposant des contraintes collectives pérennes. La région s’est ainsi couverte de canaux reliant les différents bras des fleuves aux diverses agglomérations, traversant parfois les plus grandes villes elles-mêmes. Outre leur importance vitale et stratégique évidente, génératrice de conflits, ils étaient essentiels pour les transports, l’alimentation en eau du bétail comme des habitants et la pêche. L’irrigation a permis des rendements agricoles hors normes, faisant la richesse de ces cités, néanmoins confrontées au phénomène de la salinisation des terres.

Les réseaux des cités

Le sud de la Mésopotamie, sillonné de canaux et de diffluents du Tigre et de l’Euphrate, était très dense en établissements sédentaires, installés le long des voies d’eau. Des milliers de sites ont été répertoriés, dont de gigantesques tells, ruines des anciennes villes antiques occupées pendant des millénaires, comme Larsa. Ces villes, qui se sont développées à partir de la fin du Ve millénaire, abritaient la résidence d’un dieu tutélaire et le siège d’un pouvoir politique. Celui-ci contrôlait un arrière-pays parsemé d’agglomérations secondaires et objet de conflits territoriaux incessants.