En 1884, Jacques de Morgan s’associe à des entrepreneurs pour prospecter en vue de l’exploitation de mines d’étain en Malaisie. Or, le terrain propice se trouve sur le territoire des Indes britanniques. Morgan obtient la concession de la parcelle, mais en échange, il doit cartographier la région pour le gouverneur britannique.

La région du Pérak

La région que Jacques de Morgan doit cartographier est celle du Pérak. Elle se trouve au nord-ouest de la Malaisie, et rassemble différents écosystèmes. Un paysage de mangrove borde le littoral, des forêts tropicales se déploient dans les vallées, et des massifs montagneux s’élèvent jusqu’à plus de 2000 m d’altitude.

Jacques de Morgan parcourt ce territoire, fait des relevés topographiques et dessine les paysages. Accompagné par divers locaux, il vit au contact des villageois sédentaires malais, mais aussi des populations nomades. Il a à la fois une perception subjective de l’exotisme auquel il est confronté, et une approche scientifique pour observer, décrire et collecter ce qu’il découvre.

Un dangereux périple

Le voyage de Jacques de Morgan relève vraiment de l’exploration : les chemins empruntés sont souvent inconfortables, voire dangereux. Le 14 août, par exemple, il marche douze heures sans se ravitailler, et est attaqué par des sangsues. Peu à peu, de telles difficultés se répètent, provoquant épuisement, fièvre et découragement. De retour à Paris après deux mois d’exploration, Morgan met plusieurs semaines à recouvrer la santé.