Le plan parfaitement régulier et maîtrisé offre la vision d’un habitat structuré autour d’une grande place palissadée, avec ses quartiers spécialisés et hiérarchisés autour de grands espaces semblant vides. Image statique d’un lieu de vie qui était animé, changeant et bruyant. Le grand chemin pénétrait dans le village par le sud-est entre des talus boisés, dont une partie a été arasée depuis, et se dirigeait vers l’entrée de la place, séparant l’espace en deux moitiés. De là il se divisait en deux, une branche passant entre les temples et la place, puis conduisant au cimetière de « la Noue Mauroy » et au-delà vers l’Aisne et l’autre quittant l’habitat à l’ouest pour gagner le sanctuaire de Nanteuil-sur-Aisne. A la sortie nord-ouest quelques grands arbres le bordaient, certains autres ombrageaient la place. Un bosquet subsistait dans le quartier sud, celui des artisans forgerons/dinandiers. Les animaux domestiques, cochons, volailles s’ébrouaient entre les maisons et les bâtiments annexes, unités domestiques limitées par des barrières, des clôtures légères. Imaginons des potagers pour la culture de quelques légumineuses, des espaces sacrés et toute une activité de plein air et le village se met à vivre. Troupeaux de boeufs et chevaux sont parqués dans la vallée, les moutons tondent les pelouses et les terres en friche entre les champs de céréales. Les jours de fêtes, de marché, de sacrifices et banquets à l’occasion desquels les voisins et clients plus ou moins lointains étaient conviés, voyaient une bruyante effervescence. Le décès de quelque notable constituait également un événement dans la vie de ce village rayonnant sur la contrée.