Glossaire

Sumner McKnight Crosby

Historien de l'art et de l'architecture médiévale de l'université de Yale (USA), élève de Marcel Aubert et d'Henri Focillon ; à partir de 1938 il entreprend des campagnes de fouille dans la basilique de Saint-Denis.

Achéménide (période)

La période achéménide correspond à la domination des Perses achéménides sur le Proche et le Moyen-Orient. L’empire fut fondé par Cyrus le Grand au VIe siècle et disparut sous les coups d’Alexandre le Grand avec la mort de son dernier roi Darius III en 330.

Adad

Dieu de l’orage mésopotamien. En Assyrie et Babylonie, il est une figure très importante du panthéon, apportant ou bien la prospérité grâce à  la pluie, ou bien la dévastation dans sa colère. Dans certaines régions de Mésopotamie comme dans le Suhu, il est, au Ier millénaire, à la tête du panthéon local. Adad est le nom akkadien du dieu, appelé Addu en amorrite, Ishkur (Iškur) en sumérien.

Adad-nerari II

Roi assyrien qui relança l’empire dans une phase d’expansion qui fut particulièrement importantes sous les règnes de ses successeurs Tukulti-Ninurta II, Assurnasirpal II (Aššurnaṣirpal II) et Salmanasar III. Pour sa part, il commença principalement à soumettre les royaumes araméens le long du Habur.

Adad-nerari III

Roi assyrien qui maintint l’empire dans les frontières établies par Salmanasar III (858-824) tout en ayant une forte influence diplomatique au Nord Levant. Il dirigea son empire avec l’aide très active de sa mère Sammuramat (qui devait donner le personnage de Sémiramis) et de grands dignitaires tel Shamshi-ilu (Šamši-ilu), général en chef des armées assyriennes.

Adê

Engagement solennel juré devant les dieux. À l’époque néo-assyrienne, il peut s’agir d’un traité entre le roi d’Assyrie et ses vassaux ou bien d’un serment que devait passer la population du pays. Dans la plupart des cas, les adê sont des engagements unilatéraux envers le roi assyrien. Cependant, quelques uns correspondent à des traités internationaux passés sur un pied d’égalité comme ce fut le cas, en 674, entre Assarhaddon et le roi d’Elam Urtaku.

Agatha Christie

Auteure britannique de nombreux romans policiers, elle épousa l’archéologue Max Mallowan en 1930. Elle l’accompagna ensuite lors de ses fouilles et s’inspira de ses expériences pour de nombreux récits.

Agriculture

La culture d'espèces végétales domestiquées est attestée au Levant depuis le IXe millénaire. On distingue l'agriculture dite sèche, uniquement alimentée en eau par les précipitations, et l'agriculture irriguée, à laquelle de l'eau est apportée par irrigation. L'agriculture sèche est possible dans les régions recevant plus de 200 mm/m3 d'eau par an. Un appoint d'eau pouvait cependant être apporté par irrigation dans les parties les plus arides de la zone d'agriculture sèche, en complément des précipitations naturelles.

Akitu

Fête du Nouvel An en Mésopotamie au Ier millénaire. Elle avait lieu au printemps au mois de nisan (mars/avril).

Apkallu

Sages antédiluviens envoyés par les dieux, et tout particulièrement par Enki (aussi appelé Ea), pour apporter les savoirs essentiels aux hommes. Les apkallu avaient la forme d’hommes-poissons. Ils sont sortis des eaux pour éduquer les hommes puis y sont retournés. Le plus important d’entre eux était Adapa.

Ashipu (āšipu)

Littéralement ce terme se traduit par « incantateur ». Il s’agit plus précisément d’un prêtre exorciste chargé de purifier les hommes, les bêtes et les lieux. Ils devaient aussi être capables de contrer une malédiction, le plus souvent en la détournant vers un autre support que l’individu ou le bâtiment visé. L’ashipu était aussi un médecin. La médecine était, au début du Ier millénaire, plutôt le domaine de l’asû. Cependant, l’ashipu finit par s’attribuer ses prérogatives. C’est la raison pour laquelle on traduit souvent ce terme par exorciste-médecin.

Assarhaddon

Roi assyrien, fils de Sennachérib, qui dut s’imposer sur le trône en particulier en combattant son demi-frère Arad-Mullissu. Il rebâtit Babylone qui avait été détruite par son père en 689 et fut le premier roi assyrien à conquérir la Basse Égypte.

Aššur (ville)

Ville d’origine des Assyriens sur la rive droite du Tigre. De dimension modeste (70 ha), elle a abrité de nombreux palais et surtout le temple du dieu Aššur.

Assur-dan II (Aššur-dan III)

Roi assyrien de la période de relatif repli de l’empire au début du VIIIe siècle, entre les règnes d’Adad-nerari III (810-783) et de Tiglath-phalasar III (745-727).

Assur-etel-ilani (Aššur-etel-ilani)

L’un des derniers rois assyriens. Il succède à son père Assurbanipal (Aššurbanipal) mais meurt prématurément en 625 et est remplacé par son frère Sin-shar-ishkun (Sin-šar-iškun).

Assur-nerari (Aššūr-nerari) V

Dernier roi assyrien de la période de relatif repli de l’empire au début du viiie siècle, depuis la fin du règne d’Adad-nerari III (810-783). La montée sur le trône de son successeur, Tiglath-phalasar III (745-727), coïncide avec une rébellion qui eut lieu dans la capitale Kalhu (auj. Nimrud).

Assurnasirpal (Aššurnaṣirpal) II

Roi assyrien qui étendit son empire sur le moyen Euphrate et jusqu’à la grande boucle syrienne de ce fleuve, dans la région alors appelée Bīt-Adini. Ce dernier royaume se soumit à Assurnasirpal II mais fut détruit par son fils Salmanasar III. Assurnasirpal II déplaça la capitale assyrienne d’Aššur à Kalhu (auj. Nimrud) qui garda ce statut jusque sous le règne de Sargon II (721-705).

Astrologue

L’astrologue porte le nom de « scribe de (la série astrologique) Enuma-Anu-Enlil » (tupšar Enuma-Anu-Enlil).

Austen Henry Layard

Archéologue et homme politique britannique. Entre 1845 et 1851, il explora les tells de Kuyunjik (Ninive) et surtout de Nimrud (Kalhu). En 1854, Il participa ensuite à la création du Nineveh Court au Crystal Palace à Londres.

Babylone (ville)

Ville connue dès le IIIe millénaire par des textes, elle fut la capitale de Hammurabi (1792-1750) et atteint son apogée sous le règne de Nabuchodonosor II (604-562). Elle abritait le temple de Marduk (Esagil). C’est la plus grande des villes mésopotamiennes (976 ha).

Balikh

Affluent de la rive gauche de l’Euphrate, long d’environ 100 km.

Bibliothèque d’Assurbanipal

La bibliothèque dite d’Assurbanipal (668-630/627) se composait de plusieurs fonds qui constituaient, à Ninive, la collection de référence des rois assyriens du VIIe siècle. Il est difficile de dénombrer exactement le nombre de tablettes qui furent découvertes dans cette bibliothèque. Il y en aurait, à l’heure actuelle, dans les 15 000. Des inventaires de tablettes de bois recouvertes de cire, parfois aussi appelées écritoires, permettent de voir que l’argile n’était pas le seul support employé pour écrire les textes littéraires et savants. Aucune n’a cependant survécu. La bibliothèque de Ninive est attribuée à Assurbanipal bien qu’avant lui son père Assarhaddon s’en soit beaucoup préoccupé. Cependant, Assurbanipal la développa énormément comme l’indique les lettres qu’il envoya en Babylonie pour se fournir en tablettes. Après la destruction de Ninive en 612, la bibliothèque fut abandonnée. Cependant, quelques tablettes trouvèrent leur chemin jusqu’à Uruk.

Bit-Adini

État de la grande boucle de l’Euphrate, définitivement vaincu par Salmanasar III (858-824).

British School of Archaeology in Iraq

Fondé en 1932 grâce à un legs de Gertrude Bell, son premier directeur a été Max Mallowan. Il est devenu en 2007 The British Institute for the Study of Iraq (Gertrude Bell Memorial). Il édite annuellement depuis 1934 la revue IRAQ

Calame

Stylet permettant d’imprimer les signes cunéiformes dans l’argile fraîche.

Claudius James Rich

Voyageur et archéologue britannique. Grand spécialiste des langues et des civilisations orientales, il visita de nombreux sites tels Babylone et Ninive dont il dressa les plans. À sa mort, sa veuve vendit au British Museum la très riche collection d’objets mésopotamiens qu’il avait acquise.

Cyaxare

Roi des Mèdes qui, allié à Nabopolassar, roi de Babylone, réussit à vaincre l’empire assyrien entre 614 et 610.

David Oates

Archéologue britannique. Il dirigea plusieurs fouilles en Mésopotamie du Nord, en particulier à Kalhu (auj. Nimrud) où il prit la succession de Max Mallowan. Il dirigea notamment la fouille de l’arsenal de Salmanasar III (858-824) et du temple de Nabu.

Dorothy Garrod

Archéologue et préhistorienne britannique. Elle étudie à Cambridge. En 1925 et 1926, elle participe à des fouilles à Gibraltar et en Palestine. Elle mène une expédition en 1928 au Kurdistan. Puis dirige des fouilles au Mont Carmel en Palestine où, avec Dorothea Bate, elle met en évidence une occupation sur la longue durée des grottes de Tabun, el Oued, Es Skhul, Shuqba et Kebara en Palestine. De 1939 à 1952 elle est professeur à la chaire d’archéologie de Cambridge. Elle fut d’ailleurs la première femme professeur à Cambridge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle sert dans les Women’s Auxiliary Air Force en temps qu’officier de section de l’unité d’interprétation photographique de la base de Medmenham de la Royal Air Force.

Dur-Sharrukin/Khorsabad

Ville neuve créée par Sargon II (721-705). Les travaux débutèrent en 717. L’acropole abritait le « palais sans rival », une ziggurat et différents temples, dont un dédié à Nabu, dieu des scribes et des savoirs.  

Ebla/Tell Mardikh

Ville de Syrie principalement occupée aux IIIe et IIe millénaires. Le Palais G a livré près de 17000 tablettes datant vers 2350-2250 av. J.-C.

Enuma-Anu-Enlil 

Il s’agit de la grande série astrologique mésopotamienne. Elle servait à interpréter les signes célestes, l’aspect du ciel et même les éventuels phénomène tectoniques. Son titre est un incipit, c’est-à-dire les premiers mots du texte, et signifie « Lorsque Anu (dieu du ciel) et Enlil (dieu des vents) ».

Euphrate

Fleuve long de 2780 km qui traverse la Turquie, la Syrie puis l’Irak. Plusieurs grandes villes se trouvent sur ses rives, notamment Mari et Babylone. Avant la construction des barrages, il était soumis à de fortes crues entre mars et mai. Il possède deux grands affluents le Balikh et le Khabur. Il rejoint le Tigre à Qurna, dans le Shatt-el Arab, qui débouche sur le golfe Persique.

Ezida

Ezida est le nom que porte beaucoup de temples de Nabu, le dieu des scribes, de la sagesse et des savoirs. Il s’agit d’un nom sumérien qui peut se traduire par « temple de vérité ».

 

George Smith

(1840-1876).
Assyriologue britannique. Autodidacte, il est célèbre pour avoir lu le 3 décembre 1872 le récit du Déluge dans l’épopée de Gilgamesh. Il conduisit ensuite des fouilles à Kalhu et à Ninive et profita de ses séjours en Orient pour y acheter de nombreuses tablettes issues de sites de Mésopotamie du Sud, tels Sippar et Babylone.

Gertrude Bell

Voyageuse, exploratrice et fonctionnaire britannique. Grande voyageuse, elle contribua à la création de l’Irak et au Musée d’Irak à Bagdad.

Grand Zab

(ou Zab supérieur) est un est un affluent de la rive gauche du Tigre qu’il rejoint au sud de Mossul. Il prend sa source en Turquie près du lac de Van et parcourt environ 400 km. Son bassin couvre plus de 40 000 km2.

Halaf (période du)

Culture qui s’est étendue au VIe millénaire en Mésopotamie du Nord.

Hormuzd Rassam

Archéologue et diplomate, né à Mossul et naturalisé britannique. Il fut l’assistant d’A.H. Layard avant de diriger au nom du British Museum plusieurs fouilles dont celles de Kalhu, Babylone et Sippar.

hellénistique / séleucide (période)

La période hellénistique débute, en Mésopotamie, avec la conquête de Babylone par Alexandre le Grand en 331. Il est maintenant d’usage de parler de période macédonienne pour le règne d’Alexandre et les guerres entre les Diadoques, ses successeurs. L’ère séleucide lui succède. Elle commence officiellement en 312-311 selon les calendriers (macédonien ou babylonien) mais plus concrètement à la reprise de Babylone par Séleucos en 305. Ce dernier se proclame roi en faisant remonter le début de son règne à 312-311, moment où il revint une première fois en Babylonie. La période séleucide en Babylonie prend fin lors de la conquête de la région par le roi parthe Mithridate Ier (165-131) en 141 av. J.-C.

Kalhu/Nimrud

Ville assyrienne fondée par Salmanasar Ier (1263-1234) puis choisie comme capitale par Aššurnaṣirpal II (883-859). Couvrant 357 ha, elle comprend une acropole où étaient concentrés palais et temple ainsi qu’un vaste palais-arsenal.

Kalhu/Nimrud

Ville assyrienne fondée par Salmanasar Ier (1263-1234) puis choisie comme capitale par Aššurnaṣirpal II (883-859). Couvrant 357 ha, elle comprend une acropole où étaient concentrés palais et temple ainsi qu’un vaste palais-arsenal.

Laborien

Culture de l’Epipaléolithique qui tire son nom du site de La Borie del Rey (Lot-et-Garonne). L’aire de répartition du Laborien (environ 10000 ans BP) est limitée au grand sud-ouest de la France. Les assemblages lithiques d’affinité azilienne sont caractérisés par la présence de nombreuses armatures lithiques dont une pointe à dos abattu et base tronquée dite de « Malaurie ». La grande faune chassée est dominée par l’aurochs, le cheval et le cerf. Les laboriens ont développé un art mobilier géométrique et figuratif de style très original. Chevaux et bovinés, aux corps allongés et disproportionnés, offrent ainsi des traits de contours et des remplissages guillochés, striés ou faits de croisillons.

Leonard Woolley

Archéologue britannique. Il a dirigé les fouilles du site d’Ur, en Irak du Sud, entre 1922 et 1937. Il est souvent considéré comme le premier des archéologues « modernes », car il fouillait lui-même, enregistrait soigneusement ses découvertes et portait un grand intérêt à la préservation et à l’étude des matériaux périssables.

Levant

Région bordant le côté orientale de la Méditerranée

Magdalénien

Culture de la fin du Paléolithique supérieur (entre 18000 et 11500 ans BP), reconnue sur le site de la Madeleine (Dordogne). Cette culture est caractérisée par : la chasse du renne, la miniaturisation de l’industrie osseuse et la beauté des gravures et sculptures animalières.

Magdalénien moyen

Cette phase chrono-évolutive du Magdalénien se développe durant le Dryas ancien (13500/15500). Elle est caractérisée du point de vue des équipements par le développement important, voire l’abondance, de l’outillage osseux : propulseurs, bâtons percés, baguettes demi-rondes, aiguilles, pointes de sagaies diverses, etc. Cette utilisation de l’os et des bois de cervidés sans précédent est accompagnée d’un formidable développement de l’art mobilier sur tous types de supports. L’art de la gravure, de la sculpture, de la ronde-bosse atteint son apogée et le réalisme des représentations figuratives (animales notamment) en constitue une marque de fabrique. L’art pariétal sous abris ou dans les grottes connait également son plus ample développement depuis l’Aurignacien, notamment dans le sud-ouest de la France, les Pyrénées et la corniche cantabrique. Des différenciations régionales s’intensifient malgré l’existence permanente de contacts répétés entre les groupes régionaux.

Magdalénien supérieur

Le Magdalénien supérieur et final se développent durant le Bölling et la première partie de l’Alleröd (13000/11000), entrecoupés par un court épisode froid. En France et en Espagne cette phase succède en stratigraphie au Magdalénien moyen et se caractérise par la présence d’armes et d’outils spécifiques en silex ou matières dures animales (burins bec de perroquet, grattoirs courts, pointes de Laugerie-Basse, harpons, etc.). Les supports lithiques deviennent de plus en plus petits (abondance de lamelles, d’éclats courts et de microlithes vers la fin du Magdalénien). La diversification des armatures en silex montre une transformation des modes de chasse et une adaptation à des nouveaux gibiers consécutive aux changements climatiques et paléoenvironnementaux de la fin du Tardiglaciaire. Les systèmes de représentation artistique montrent à la fois une continuité culturelle avec le Magdalénien moyen et des innovations symboliques comme les figurations féminines schématiques ou la généralisation de motifs géométriques et abstraits très structurés qui envahissent les objets sur matières dures animales.

Max Mallowan

Archéologue britannique. Assistant de Leonard Woolley à Ur, il conduisit ensuite plusieurs de fouilles en Mésopotamie du Nord. Son sondage profond à Ninive (1931) et ses fouilles à Arpachiyeh constituent les fondements de nos connaissances du la protohistoire de la Mésopotamie. En 1930, il épousa la romancière Agatha Christie. 

Mède

Les Mèdes sont une population iranophone tout d’abord organisés en chefferies puis en un royaume unifié. La capitale mède se trouvait à Ecbatane. Cyaxare, roi mède du viie siècle, s’allia aux Babyloniens contre les Assyriens. Il participa à la conquête du pays, en particulier des villes d’Aššur, Kalhu (auj. Nimrud), Ninive et Arbèles (auj. Erbil).

Mullissu

Mullissu est la parèdre d’Aššur, dieu de la ville du même nom. Aššur a été assimilé au roi des dieux Enlil au XVIIIe siècle av. J.-C. Ninlil, sa parèdre est donc devenue celle d’Aššur sous le nom de Mullissu. Malgré l’apparent éloignement entre les deux noms, Mullissu dérive Mulliltu, prononciation assyrienne de Ninlil.

Nabopolassar

(626-605)

Nabopolassar est le premier roi de l’empire néo-babylonien et père de Nabuchodonosor II (604-562). Il libéra la Babylonie de la tutelle assyrienne puis conquit le moyen Euphrate et, avec l’aide de son allié Cyaxare, roi des Mèdes, se lança dans la conquête de l’Assyrie qui tomba entre 614 et 610. À partir de cette date, Nabopolassar porta ses armes au Levant contre les Saïtes de la XXVIe dynastie égyptienne qui étaient venus en aide aux Assyriens. Il rénova Babylone et légua à son fils un empire reprenant, dans les grandes lignes, le tracé de celui des Assyriens.

Nabu

Dieu mésopotamien des scribes, de la sagesse et de l’écriture. Il est appelé Nebo dans la Bible. Il est considéré comme le fils de Marduk, divinité poliade de Babylone, et, comme son père, peut être représenté par un dragon, le mushussu (mušhuššu). Ses temples portent le plus souvent le nom d’Ezida, « le temple de vérité ».

Ninive

Ville assyrienne occupée dès le VIIIe millénaire av. J.-C. Sennachérib (704-681) en fit sa capitale et y conduisit de nombreux travaux. La ville comprend deux tells, Kuyunjik, le site d’origine et Nebi Yunus, sur lequel Assarhaddon (680-669) bâtit un arsenal.

Ninurta

L’un des principaux dieux de la guerre dont le principal sanctuaire se situait dans la ville de Nippur.

Paléolithique

Période de la Préhistoire. On distingue : le Paléolithique inférieur (780 000 ans à 250 000 ans en Europe), le Paléolithique moyen (250 000 à 35 000), le Paléolithique supérieur (35 000 à 9500 ans).

Parèdre

Il s’agit, dans le cas mésopotamien, de la compagne d’un dieu. Les couples divins sont biens attestés comme, par exemple, Marduk et Sarpanitu, Shamash et Aya, Nabu et Tashmetu ou encore Assur et Mullissu.

Poliade (divinité)

Les termes de « divinité poliade » désignent la principale divinité, dieu ou déesse, d’une ville (polis en grec). En Mésopotamie, la ville était réputée appartenir à la divinité poliade qui y résidait et la protégeait. Lorsqu’elle était prise d’assaut, c’est que ladite divinité s’en était détournée. Le vainqueur déportait alors la statue de culte de la divinité poliade, et toutes les autres présentes dans la ville, levant ainsi pour longtemps la protection divine d’une ville. Cette pratique est loin d’être uniquement mésopotamienne et se retrouve à Rome par exemple.

 

Qarqar (bataille de)

La bataille de Qarqar, ville située dans la vallée de l’Oronte, opposa, en 853, l’armée assyrienne dirigée par le roi Salmanasar III (859-824) à une coalition de royaumes levantins (Hama ; Damas ; Israël ; plusieurs villes phéniciennes) renforcés par une troupe égyptienne et un contingent arabe. La bataille ne fut pas la grande victoire proclamée par le roi assyrien. Elle fut, au mieux, indécise.

 

Reginald Campbell Thompson

Assyriologue et archéologue britannique. Il travailla en Iran, en Turquie, au Soudan, en Égypte et en Mésopotamie où il dirigea en particulier la fouille de Kuyunjik (Ninive) en 1904-1905 puis en 1927-1932. Il y découvrit les temples de Nabu et d’Ištar.

Salmanasar IV

Roi assyrien de la période de relatif repli de l’empire au début du VIIIe siècle, entre les règnes d’Adad-nerari III (810-783) et de Tiglath-phalasar III (745-727).

Sammuramat

Reine d’Assyrie, mère d’Adad-nerari III (810-783). Elle apparaît plusieurs fois aux côtés de son fils dans des inscriptions et joua certainement un important rôle politique, ce dont témoigne sa postérité sous le nom Semiramis dans les sources classiques.

Sargon II

Sargon II, dont le nom signifie "roi légitime", a régné sur une grande partie du Proche-Orient entre 721 et 705 av. J.-C. Son règne, bien documenté, correspond à une période d’essor politique et économique pour l’Assyrie. Roi de guerre par excellence, il mène une politique expansionniste grâce à plus d’une dizaine de campagnes militaires victorieuses dans l’ensemble du Proche-Orient. Il est également un roi bâtisseur, à l’origine notamment d’une nouvelle capitale royale : Dur-Sharrukin.

Sennachérib

Sennachérib est un roi assyrien qui eut à faire face à trois grands ennemis : les Kushites au Levant, les Elamites, et les Babyloniens ces deux derniers étant alliés. La grande affaire du règne fut la remise en question de la domination assyrienne sur la Babylonie qui provoqua plusieurs offensives de Sennachérib vers le sud. Exaspéré par les révoltes continuelles de Babylone, il détruisit la ville en 689 en la noyant, dit-il, sous les eaux de l’Euphrate. Il mourut assassiné et son fils Assarhaddon dut mener une guerre contre son frère Arad-Mullissu avant de pouvoir s’asseoir sur le trône.

Shamash (Šamaš)

Šamaš signifie « soleil » en akkadien, son nom est Utu en sumérien. Il est le dieu de cet astre mais endosse d’autres fonctions comme celles de dieu de justice (il apparaît au sommet du Code de lois d’Hammurabi), des voyageurs et de la divination. Ses temples, portant le nom d’E.babbar « temple brillant », sont notamment présents à Larsa et Sippar.

Shamash-shum-ukin (Šamaš-šum-ukin)

Fils du roi assyrien Assarhaddon, frère certainement aîné d’Assurbanipal (Aššurbanipal) et roi de Babylone. Assarhaddon décida de partager son empire entre Assurbanipal, roi d’Assyrie, et Shamash-shum-ukin, roi de Babylone. Ce dernier restait cependant sous l’autorité diplomatique et militaire de son frère. Pendant une quinzaine d’année, Shamash-shum-ukin régna comme n’importe quel roi babylonien en en respectant les codes et les devoirs. Shamash-shum-ukin finit par se révolter à la toute fin de 652. Après avoir été plusieurs fois vaincus, les Babyloniens furent assiégés dans leur ville pendant deux ans. Elle tomba à l’été de 648. Shamash-shum-ukin mourut dans l’incendie de son palais. Sa figure et celle de son frère fusionnèrent pour donner le personnage de Sardanapale.

Shamshi-Adad V (Šamši-Adad)

Roi assyrien, fils et successeur de Salmanasar III (858-824). Il dut affronter une situation difficile au début de son règne puisque non seulement certaines régions de son empire, comme Hindanu sur le moyen Euphrate, s’étaient révoltées, mais encore, parce que la fin du règne de son père avait été perturbée par des rébellions de dignitaires assyriens et de villes et provinces du pays. Il dut faire appelle à l’aide babylonienne en la personne du roi Marduk-zakir-shumi (Marduk-zakir-šumi) Ier (854-819).

Shamshi-ilu (Šamši-ilu)

Shamshi-ilu était un haut dignitaire assyrien portant le titre de turtanu, général en chef. Il reçut cette fonction du roi Adad-nerari III (810-783) vers 800 et la conserva sous ses trois successeurs, Salmanasar IV (782-773), Assur-dan (Aššur-dan) III (772-755) et Assur-nerari (Aššur-nerari) III (754-745). Shamshi-ilu mena de nombreuses campagnes avec ou sans le roi. Il s’opposa en particulier au royaume de l’Urartu qui, jusqu’à la 8ème campagne de Sargon II (721-705), fut le principal adversaire de l’Assyrie au VIIIe siècle. Shamshi-ilu commémora ses victoires sur des lions de style syro-hittite retrouvés à Til-Barsip (auj. Tell-Ahmar). Avec Nergal-eresh (aussi appelé Palil-eresh), il fait partie des dignitaires les plus actifs et autonomes de la première moitié du VIIIe siècle.

Signe omineux

Il s’agit des signes envoyés par les divinités comme messages aux hommes. On parle généralement dans ce genre de situation de divination spontanée, puisque l’on ne sollicite pas les dieux, mais que ces derniers prennent l’initiative de la communication. Les signes peuvent être de différentes natures. Il peut s’agir de phénomènes célestes (étoile, planète ou partie du croissant de lune voilée par exemple), d’événements de la vie quotidienne (comportement animal inhabituel etc.), de naissances dites « monstrueuses » et ainsi de suite. Ces signes devaient être interprétés par les devins, astrologues et exorcistes. Ces derniers avaient de plus la charge, le cas échéant, de détourner de son objectif l’éventuelle colère divine ainsi annoncée.

Sin-shar-ishkun (Sin-šar-iškun)

Il se proclama roi d’Assyrie à la mort de son frère Aššur-etel-ilani et s’allia à Nabopolassar (le futur roi de Babylone) contre le chef des eunuques Sin-šum-lešir qui avait pris le pouvoir en Assyrie. Après l’avoir vaincu, il régna sur l’Assyrie jusqu’à la chute de Ninive en 612.

Suzanne de Saint-Mathurin

Née à Mung en Charente-Maritime le 19 juillet 1900. Bachelière à 17 ans elle étudie la littérature en Angleterre et soutient une thèse en 1931 sur « l’influence des idées biologiques de Diderot sur son œuvre romanesque ». En 1932, elle rencontre l’abbé Breuil, avec qui elle travaille au classement des collections d’art préhistorique du Muséum d’histoire naturelle de Bordeaux. Elle se spécialise alors en Préhistoire. Il l’invite à partir avec Dorothy Garrod étudier les grottes de Palestine. Elle rencontre également Germaine (Minne) Henri-Martin et participe aux fouilles de la Quina (Charente), puis à la fouille de Fontéchevade. Après avoir visité la grotte de La Marche à Lussac-les-Châteaux avec l’abbé Breuil, elle décide de reprendre les recherches sur le site du Roc-aux-Sorciers en 1946 en associant Dorothy Garrod. Elles découvrent ensemble les sculptures pariétales. Après le décès de Dorothy Garrod en 1968, Suzanne de Saint-Mathurin continue l’analyse de ses fouilles. À la fin des années soixante, Suzanne de Saint-Mathurin est nommée chargée de mission au musée d’Archéologie nationale. En 1976, elle fait don au musée d’une sélection de blocs sculptés, gravés et peints provenant du plafond effondré du gisement. Ces blocs sont encore actuellement présentés au musée. Elle décède le 28 août 1991 en léguant le gisement à l’État et l’ensemble de ses collections et archives au musée d’Archéologie nationale.
 

Tashmetu (Tašmetu)

Déesse mésopotamienne, parèdre de Nabu, dieu de l’écriture et des savoirs.

Tell Tayinat

Site archéologique turc principalement occupé au IIIe millénaire et au début du Ier millénaire. L’un de ses rois Suppiluliuma résista aux attaques menées par Salmanasar III (858-824), mais la ville fut ensuite intégrée à l’empire assyrien.

Textes de la pratique 

Tous les documents produits quotidiennement par une société en dehors des textes littéraires et savants et des inscriptions officielles. Cette catégorie regroupe donc les textes administratifs (inventaires, billets d’ordre), juridiques (comme les contrats), les lettres, les brouillons etc.

Tigre

Long de 1900 km, le Tigre prend sa source en Turquie. Les capitales assyriennes Aššur, Nimrud et Ninive se trouvaient sur ses rives. Il possède trois grands affluents le Grand Zab, le Petit Zab et la Diyala. Il rejoint l’Euphrate à Qurna, dans le Shatt-el Arab, qui débouche sur le golfe Persique.

Tukulti-Ninurta Ier

L’un des plus grands rois d’Assyrie. Il mena des campagnes militaires contre les Hittites et contre les Babyloniens dont il captura le roi Kaštiliaš IV qui fut déporté en Assyrie. Il fit édifier une nouvelle ville au nord d’Aššur, Kar-Tukulti-Ninurta.

Tukulti-Ninurta II

Roi assyrien qui continua la politique expansionniste menée par son prédécesseur Adad-nerari II. Il incorpora en particulier le triangle du Habur et la vallée de cette rivière dans l’empire assyrien renaissant et mena des campagnes jusqu’à la frontière de la Babylonie et le long du moyen Euphrate.

Ur

Ville de basse Mésopotamie, elle correspond au site actuel de Tell Muqqayar à 20 km de l’Euphrate. Occupée à partir du Ve millénaire, Ur est une des villes sumériennes les plus importantes au milieu du IIIe millénaire, ce dont témoignent les célèbres « tombes royales ». Elle fut brièvement la capitale d’un puissant empire (dit d’Ur III) à la fin du IIIe millénaire. Résidence de Sîn/Nanna, le dieu-lune, la ville abrite un quartier sacré voué à la divinité où se dresse la ziggurat (très bien conservée) et de nombreux bâtiments. Bien qu’elle ait perdu sa prédominance politique, Ur resta une des principales cités du sud de la Mésopotamie au IIe et au Ier millénaire. Le site de Tell Muqqayar, identifié dès le milieu du XIXe siècle, a été principalement fouillé entre 1919 et 1934 par des équipes anglaises. De nouveaux travaux de terrain sont entrepris depuis 2015.

Walter Andrae

Architecte, archéologue et conservateur allemand. Après avoir été formé sur la fouille de Babylone, il dirigea l’exploration du site d’Aššur, la première des capitales assyriennes, entre 1903 et 1914. Entre 1928 et 1951, il fut le directeur des antiquités proche-orientales aux Musées de Berlin.

William Kennett Loftus

Géologue, naturaliste et archéologue britannique. Il conduisit des fouilles dans le sud de l’Irak à Ur et Uruk, à Suse et en Assyrie à Ninive et Nimrud.