Il y a 2500 ans

Golasecca, passeurs des Alpes

Au premier âge du Fer les acteurs des échanges avec les Celtes sont traditionnellement les Étrusques et les Grecs. Pourtant, les études menées depuis les années 1970 en Italie du Nord montrent le dynamisme des communautés périphériques qui se révèlent des intermédiaires non négligeables dans ce trafic entre l’Europe tempérée et la Méditerranée, notamment la « culture de Golasecca ». L’exposition s’attache à montrer les spécificités de cette culture au sein des communautés de l’arc alpin. Le bilan des recherches du XIXe siècle et les derniers travaux universitaires en cours ont permis cette réévaluation archéologique.

Exposition ayant eu lieu du 27 Novembre 2009 - 26 Avril 2010 

On doit à l’intérêt, au savoir et à la passion du jeune abbé Giovanni Battista Giani la fouille systématique, la conservation, ainsi que la documentation minutieuse de nombreuses tombes et de découvertes fortuites signalées par les paysans dans la commune de Golasecca depuis la fin du XVIIIe siècle. Plusieurs éléments soulignent la place spécifique de la culture de Golasecca, dans le processus de formation de la culture du Hallstatt occidental. Dès lors, la « culture de Golasecca », par sa richesse et ses particularités culturelles entre monde italique et monde celtique, a été au cœur des débats scientifiques européens.
À la création du musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines en 1862, un lot important, représentatif de la culture matérielle de Golasecca (céramique, mobilier métallique, parure), fait partie des premières acquisitions. Au cours des années 1870, Gabriel de Mortillet et Alexandre Bertrand, alors à la direction du nouveau musée des Antiquités nationales, sont parmi les premiers à s’y intéresser en relation avec les savants italiens contemporains : P. Castelfranco, B. Biondelli et G. Chierici.

Les centres urbains

L’étude de l’occupation du territoire montre l’émergence de centres urbains (Côme et Castelletto Ticino-Sesto Calende). Au VIe-Ve siècle avant J.-C., ces centres se caractérisent par la présence de plusieurs couches sociales (paysans, artisans, aristocratie commerciale) et par une distribution fonctionnelle de l’espace, articulée autour de quartiers résidentiels, artisanaux (céramique et métallurgie), commerciaux (ports fluviaux associés à des zones de stockage) et de sanctuaires. Ces éléments révèlent une structure sociale complexe et organisée où cohabitent paysans, artisans, marchands aux côtés d’une élite qui bénéficie de la productivité ainsi que du commerce à moyenne et longue distance.
De plus, les Golasecchiani se distinguent par l’acquisition précoce de l’écriture (première moitié du VIe siècle av. J.-C.), résultant de l’adaptation de l’alphabet nord-étrusque à une phonétique appartenant au groupe des langues celtiques.

Le savoir-parler celtique, l’acquisition précoce de l’écriture comme instrument de contrôle supérieur du marché, la forte activité artisanale sont les facteurs qui expliquent le succès de « la culture de Golasecca » dans la gestion partielle du commerce transalpin. Marchands, colporteurs, artisans arpentent ainsi l’Europe à la recherche de matières premières comme l’étain ou de matériaux plus précieux comme l’ambre. Ils assurent aussi le transbordement d’objets précieux voire de luxe qui, provenant de la Méditerranée, étaient destinés aux élites celtiques installées au nord des Alpes. Des mariages politiques viennent renforcer ces liens tissés par les Golasecchiani depuis au moins le Bronze final avec l’ensemble des partenaires les plus puissants de la protohistoire européenne : les Celtes, les Étrusques, les Grecs et les Picéniens.

L'exposition 

Parmi les objets réunis pour l’exposition, se trouvent le mobilier funéraire en provenance de plusieurs tombes comme le couvercle de situle de Grandate du musée municipal Pio Giovo, Côme, la fibule à côtes et très longs pendentifs du musée des Antiquités, Turin, le mobilier de la sépulture de la « route de Dun », du musée du Berry, Bourges, le mobilier du dépot d’Arbedo, du musée archéologique de Bellinzona, Suisse etc…., les objets conservés au musée d’Archéologie nationale, dont celui de la tombe n°4 de Monsorino, ainsi que les relevés, dessins et aquarelles inédits d’Abel Maitre (XIXe siècle) etc…, un ensemble de Trezzo sur l'Adda, de la collection archéologique du Palazzo Sforzesco, Milan, un collier à perles d'ambre du musée d’Art et d’Histoire, Genève.

LOCALISATION 
Musée d'Archéologie nationale - domaine national de Saint-Germain-en-Laye
DATE DE l'exposition 
27 novembre 2009 – 26 avril 2010
PÉRIODE D'OCCUPATION 
Âge du Fer (VIIIe - Ve siècles av. J.-C.)
DOSSIER THÉMATIQUE 
Archéologie en musée
DIRECTION SCIENTIFIQUE 
Christine Lorre (musée d'Archéologie nationale)
Véronica Cicolani