Syrie - Il y a 2 000 ans

Bosra

L'ancienne ville de Bosra, en Syrie, a su conserver les vestiges d'un théâtre romain du IIe siècle, particulièrement bien conservé, ainsi que des ruines de monuments paléochrétiens et plusieurs mosquées, parmi les plus anciennes du monde arabo-musulman. Capitale de la province romaine d'Arabie, elle fut ensuite une étape importante vers la Mecque.

L’ancienne ville de Bosra, en Syrie, a su préserver les vestiges d’un théâtre romain du IIe siècle, particulièrement bien conservé, ainsi que des ruines de monuments paléochrétiens et plusieurs mosquées, parmi les plus anciennes du monde arabo-musulman. Capitale de la province romaine d’Arabie, elle fut ensuite une étape importante vers la Mecque. Depuis 1980, la ville ancienne de Bosra est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

La ville est installée sur un plateau de basalte, roche noire employée de tout temps pour les constructions et qui s’altère en un riche sol argileux propice aux cultures. Elle connut une longue période de prospérité. En effet, elle est mentionnée dès le XIVe siècle av. J.-C. sur des tablettes de Tell el-Amarna en Égypte sous le nom de Busrana, témoignant des relations diplomatiques entre les Égyptiens, les Phéniciens et la dynastie amorrite. Puis elle est mentionnée dans le livre des Macchabées au second siècle avant l’ère commune. Ancienne capitale du nord du royaume nabatéen, elle permettait un commerce caravanier avec le monde romain.

Bosra ville romaine d'Orient

Bosra est intégrée à l’Empire romain en 106 sous le nom de Colonia Bostra, elle devient la capitale de la province romaine d’Arabie. Le théâtre, daté du IIe siècle, a probablement été édifié à partir du règne de Trajan. Fortifié entre 481 et 1251, son état de conservation est exceptionnel. Un camp militaire, plusieurs ensembles de thermes monumentaux, un amphithéâtre, un hippodrome, un aqueduc, un nymphée… complètent sa parure monumentale. Les nécropoles entourent la ville le long des voies de circulation.

De l'empire byzantin à la conquête arabe

Au cours de la période byzantine, apogée de sa prospérité, Bosra joua un grand rôle de marché où venaient s’approvisionner les caravanes arabes. Ses évêques sont connus depuis 210 et jusqu’au IXe siècle. Bosra sera la première ville du sud de la Syrie à être conquise par les troupes musulmanes en 634, lors de la phase de l’expansion islamique. Bosra est restée plus de 2000 ans habitée et presque intacte, Nabatéens, Romains, Byzantins, Omeyyades, Abbassides, Ayyoubides et Mamlouks ont tous laissé des vestiges dans la ville, qui est ainsi un extraordinaire conservatoire des formes architecturales formant un véritable musée à ciel ouvert associant les épisodes les plus significatifs de l'histoire des idées et des croyances.

Recherches archéologiques

À partir de 1981, la mission archéologique française en Syrie du Sud a participé à l’exploration de Bosra antique. Les recherches ont été orientées sur la compréhension de l’urbanisme, par des relevés à l’échelle de ville, mais également de monuments particuliers et plusieurs fouilles archéologiques ont été menées permettant d’établir une chronologie fine des phénomènes observés surtout pour les périodes nabatéenne, romaine, byzantine et omeyyade. Mais il en résulte également une nouvelle image de l’organisation urbaine et de son développement de l’âge du bronze à la période moderne avec une meilleure connaissance des productions artisanales comme des ressources naturelles consommées. Ces recherches ont été menées en coopération étroite avec la Direction Générale des Antiquités et des Musées de Syrie et l’Institut français du Proche-Orient avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.

La mission s’appuie sur l’équipe « Archéologie du Proche-Orient hellénistique et romain », composante du laboratoire « Archéologies et Sciences de l'Antiquité » (UMR7041 Nanterre).

Lieu-dit

Bosra

Localisation

Syrie

Direction scientifique

Jean-Marie Dentzer (1974-2004)

Frank Braemer (2004-2013)

Pierre-Marie Blanc (depuis 2013) 

Inscription UNESCO

Patrimoine mondial de l'humanité (1980)

Patrimoine en péril (2013)

PARTENARIAT

ANR-11-LABX-0026-01