Comparé à d’autres sites magdaléniens, en particulier du sud-ouest de la France et aussi de Suisse ou d’Allemagne méridionale, Étiolles, comme les autres gisements de sa région, est pauvre en créations esthétiques. Les raisons, à la fois historiques et culturelles, sont probablement liées aussi au poids des activités profanes dans ce type de campement. Pour autant, quelques vestiges sont très emblématiques de l’univers symbolique magdalénien.

Une parure parfois venue de loin

C’est le cas des coquillages détachés accidentellement de bijoux ou d’ornements vestimentaires. Les espèces — souvent des Dentales — sont typiques du goût magdalénien et proviennent en général de zones fossilifères à une cinquantaine de kilomètres d’Étiolles. Il y a aussi des fragments de valves de Moules et un Pourpre qui n’ont pu être ramassés que sur les littoraux de l’époque : ce sont des indices d’échanges à très longue distance avec l’Atlantique, c’est certain, et peut-être aussi avec la Méditerranée.

Un fragment de mythologie magdalénienne

Le style et le thème des gravures sur le galet de l’habitation D71 sont d’autres preuves manifestes de ces contacts étroits avec le sud. L’œuvre n’en est pas moins originale mettant en rapport plusieurs personnages, dont un très étrange, dans ce qui ressemble à un récit malheureusement indéchiffrable.

D’autres témoignages bien plus ambigus

Alors que le galet de D71 a été abandonné discrètement, l’habitation Q31 a livré, bien visible à son entrée, une grande pierre calcaire. Apportée dès l’installation, les chercheurs ne lui ont trouvé aucune fonction utilitaire et s’interrogent sur sa forme harmonieuse. Est-ce une simple curiosité ou bien trouve-t-elle une place dans la symbolique magdalénienne ?

Toujours en Q31, on s’interroge aussi sur un gros fragment de silex auquel une retouche intentionnelle n’a pas donné la forme d’un outil traditionnel, mais celle d’un animal, pourtant éloigné des canons artistiques du Magdalénien récent. Doit-on seulement y voir un jeu d’enfant ?