Le ru des Hauldres, bien qu’actuellement d’allure modeste, possède encore un très vaste bassin versant qui draine une grande proportion du plateau de Sénart.

Un milieu propice à la conservation des vestiges

Au Tardiglaciaire, l’environnement de la confluence entre Seine et ru des Hauldres était bien différent de l’actuel et probablement très mouvant. La vallée de la Seine était parcourue de multiples chenaux et le ru des Hauldres était beaucoup plus dynamique. Cette configuration a favorisé le dépôt de grandes quantités de sédiments — limons et sables — lors des crues et elle a permis la conservation du site d’Étiolles grâce à un recouvrement rapide des vestiges à mesure qu’ils étaient abandonnés par les Magdaléniens.

Rythme des cours d’eau, rythme des hommes

Les limons et sables se sont déposés de manière rythmée lors d’inondations probablement saisonnières, préservant les vestiges des campements successifs. Ainsi, les Magdaléniens s’installaient sur de nouvelles surfaces créées par les dépôts précédents d’alluvions. La conjugaison de ces deux rythmes, celui des inondations liées au climat, et celui propre au nomadisme des Magdaléniens, est à l’origine de la superposition des vestiges de campements en stratigraphie.

Des attraits particuliers

Les recherches menées ailleurs dans la vallée de la Seine montrent que l'on ne trouve pas des campements magdaléniens partout où ils auraient pu être conservés. Le site d’Étiolles présentait sans doute des attraits particuliers que les chercheurs tentent de comprendre. L’étude de la stratigraphie permet de reconstituer dans quelle topographie les campements ont été établis : les Magdaléniens se sont installés en bordure et au sein d’une vaste cuvette modelée progressivement par les dépôts de sédiment successifs, protégeant sans doute du vent. D’autres atouts, comme la présence locale d’un affleurement de très bon silex et aussi l’aire de confluence propice à la chasse, ont dû jouer fortement dans le choix d’implantation des campements.