Le terme « Magdalénien » désigne une combinaison de choix techniques et artistiques apparue dans le sud-ouest de l’Europe à la fin du Paléolithique récent environ 19 000 ans avant notre ère. Elle fut diffusée jusque vers 12 500 avant notre ère par divers peuples — « les Magdaléniens » dit-on par commodité — aussi loin que la Pologne et l’Angleterre, alors accessible à pied sec.

Des identités culturelles métissées et fluides

Il n’y a jamais coïncidence en un même lieu de tous les ingrédients composant la spécificité globale de ce Magdalénien plurimillénaire et multirégional : par exemple, il n’y a pas en région parisienne de pointes barbelées en bois de renne si typiques d’autres régions. De plus, la durée de ce courant culturel varie : s’étendant sur environ 7 000 ans dans son aire d’origine, sa chronologie est bien plus courte dans le nord de l’Europe où ce courant aboutit tardivement. En somme, le terme générique de Magdalénien recouvre des identités culturelles multiples, métissées et fluides. En conséquence, ce que nous décrirons à Étiolles vaut pour les gens qui y viennent quelque temps à la fin du Magdalénien, partageant plusieurs coutumes, mais pas toutes, avec ceux qui vivent aux alentours ou ceux qui nomadisent dans d’autres régions d’Europe.

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À plus longue distance, les contrastes avec d’autres traditions culturelles sont bien plus saisissants. À la même époque, des chasseurs-cueilleurs du Proche-Orient se sédentarisent : c’est une tout autre trajectoire qui conduit là-bas aux premières pratiques agricoles, bien avant qu’elles ne parviennent dans le Bassin parisien vers 5 000 ans avant notre ère.