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  • Le Magdalénien de Rhénanie et de Thuringe
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En Rhénanie dans la région de Cologne et en Thuringe entre Francfort et Leipzig, les occupations magdaléniennes, plus ou moins contemporaines de celles d’Étiolles, sont particulièrement bien représentées. Dans ces deux régions, on dénombre plus d’une cinquantaine de gisements, parmi lesquels quelques sites de plein air fameux. En Thuringe, comme dans la plupart des régions qu’ils occupaient, mais contrairement à la Rhénanie ou au Bassin parisien, les Magdaléniens se sont souvent installés sur le parvis des grottes. 

Une longue tradition de recherches

La découverte de témoignages magdaléniens et leur étude remontent au XIXesiècle. En 1874, Karl Theodor Liebe explora la grotte de Lindenthaler Hyänenhöhle à Gera-Pforten en Thuringe. En 1883, Hermann Schaaffhausen effectue une première fouille sur le site de plein air d’Andernach-Martinsberg en Rhénanie centrale. Le deuxième grand site de plein air rhénan, Gönnersdorf, fut seulement découvert en 1968 par Gerhard Bosinski et fouillé jusqu’en 1976, entraînant de nouvelles campagnes de fouilles à Andernach jusqu’au mitan des années 1990.

Peu de sites aussi bien conservés qu’Étiolles

Les sites qui présentent une conservation aussi exceptionnelle qu’Étiolles sont rares et toujours en plein air. Dans les deux régions, on ne connaît aujourd’hui que trois gisements de ce genre. En Rhénanie, il s’agit de Gönnersdorf et d’Andernach-Martinsberg, où la découverte de concentrations de vestiges, associées à de grandes dalles de pierre, des fosses et des épandages d’ocre, a permis d’étudier finement l’habitat des Magdaléniens. Ces deux sites ont été protégés par des loess puis par les cendres du volcan Laacher See : sa gigantesque éruption recouvra la région de plusieurs mètres de cendres 2000 ans après le départ des Magdaléniens. Des structures comparables à celles des deux sites rhénans ont été mises au jour à Oelknitz dans la vallée de la Saale, en Thuringe.

Comme à Étiolles, les groupes magdaléniens sont revenus sur ces sites à de multiples reprises, sans doute parce qu’ils occupent des lieux stratégiques sur le versant des vallées. Les vestiges d'infrastructures indiquent qu’ils ont créé des abris couverts (tentes, abris,...) et qu’ils y sont restés sans doute durant plusieurs semaines.